dimanche 17 novembre 2013

Der des ders ...

Bonjour à tous ...

Que de temps écoulé depuis mon dernier post... Et oui, les jours ont défilés, les saisons se sont succédées et l'ancienne instit que j'étais a bien muri dans son nouveau style de vie !
Travailler au sein d'un vignoble est un renouveau perpétuel, chaque année la vigne attend sa taille pendant l'hiver, son tirage des bois, son attachage, puis le temps et le printemps font leurs oeuvres et les nouvelles pousses arrivent, on les observe, les soigne si besoin, les guide dans leur poussée avec le relevage... Mais tout ça, je vous en ai déjà parlé et à présent, vous devez être calés sur tous ces points (et comme je ne suis plus instit, vous évitez l'interro surprise !)
Bien sûr, je continue d'apprendre chaque jour, le commerce avance petit à petit , la reconnaissance de nos bons produits commence à revenir vers nous et ça, c'est une grande joie. L'administratif est de mieux en mieux organisé et des tâches s'ajoutent chaque semaine, mais c'est du bonheur vraiment ! Un métier où il y a très peu de routine (suffisamment peu pour que ce n'en soit pas justement !), où chaque jour a son lot d'adaptation aux situations, de remise en question. La vigne a son cycle et ceux qui y travaillent aussi, tout en élargissant ce cercle, devenant une spirale qui ne cesse d'aller plus loin.
De temps à autre, je repasse dans les écoles où j'ai enseigné, je croise les anciens collègues et je peux vous dire que cette immersion de quelques minutes ne fait qu'accentuer le fait que je suis sûre d'avoir pris la bonne décision. On me pose souvent la question d'ailleurs... Mais non, aujourd'hui, je ne me reverrai pas dans une salle de classe. J'aime toujours transmettre des connaissances, et ça, je le retrouve face à des amateurs de vins, qui viennent à notre rencontre et sont curieux de savoir comment ça se passe et cela me suffit bien. Enseigner à des personnes qui veulent apprendre, c'est fantastique , essayer de faire comprendre à des élèves que c'est dans leur intérêt d'apprendre, c'est une autre bataille que je n'ai plus envie de mener.
Mais hauts les cœurs, votre serviteuse est heureuse ! Elle a peu de temps pour elle, mais le reste de son temps est tellement épanouissant !
Alors oui, je conseille volontiers à mes collègues de l'éducation nationale qui saturent de leur métier d'en changer, que oui, c'est possible, que beaucoup de nos compétences sont adaptables à d'autres domaines. Il suffit (et ce n'est pas rien) de se fixer un projet et d'y croire !

Je vous remercie tous de m'avoir lu, je vois déjà votre frustration "oooooh, et cette fois ci y'a même pas de dessin !!!", écrire ces quelques posts fut un vrai bonheur dont aujourd'hui, je n'ai plus besoin (oui, je sais, je me la joue égoïste sur ce coup là ...) car il faut vous l'avouer, cette aventure se déroule comme un comte de fée... L'instit' à la vigne a épousé son vigneron, et ils eurent... une belle enfant !

Merci à tous,

FIN

mardi 27 mars 2012

Attachage

Le printemps : mois qui préparent l'été, la nature qui se réveille.
Le vigneron ne peut se perdre dans ses contemplations, il faut attacher !

Oui, mais attacher quoi ? et bien la vigne pardi ! Petit récapitulatif :

On taille la vigne, ne laissant que 2 "branches": l'haste et son retour. On tire les bois afin de dégager le palissage et permettre aux futures pousses de s'épanouir. Il faut ensuite attacher cette haste à un des fils du palissage afin de guider la vigne dans sa pousse. On laisse pousser (il y a bien quelques opérations à ce moment là, je vous les décrirai quand je les aurai vécu !), on canalise le feuillage en "relevant" (description plus tard également, faut bien vous laisser des surprises !), les grappes poussent, le vigneron veille. On ramasse, on vendange. et on retaille et on recommence. Voilà en gros le travail d'une année en viticulture !

Donc nous en sommes à la période de l'attachage. Pour mieux comprendre, quelques images :

On attache afin de guider la plante dans sa pousse. Les branches vont pousser perpendiculairement à l'haste, donc ainsi, à la verticale !


Et pour attacher, il faut évidemment, un certain équipement, et certaines précautions :


le principe est simple : on attrape l'haste, on la force à se plier et on l'accroche !



Vous vous doutez bien que ce n'est pas si facile...
donc, la prochaine leçon portera sur "Quels sont les dangers de l'attachage ?"
La suite, trés prochainement !

mercredi 29 février 2012

"La mise"

Dans le jargon vigneronnesque, "faire une mise" signifie mettre en bouteilles le vin.
Chose faite la semaine dernière.
En quoi cela consiste-t-il ?

Le vin est préparé et stocké dans une cuve. Un collègue débarque avec un camion et une remorque, du type "oh y'a un manège dans la remorque de son camion et quand il va soulever les bâches, on pourra faire du manège"
C'est un peu ça: on monte, on descend de nombreuses fois, sauf qu'on n'est pas porté par une jolie fusée avec des feux clignotants mais par nos jambes, nos bras et nos abdos!

Plusieurs postes sur ce ménage étrange:
1) le poste de poseur de bouteilles vides (on prend les bouteilles bien empilées et on les mets sur un tapis roulant) nécessite une longueur de bras minimum car il faut attraper les bouteilles au fond de la palette sans avoir à se coucher sur les piles de bouteilles inférieures (je sais, ça nécessiterait un schéma mais j'ai pas eu le temps !)
Une fois les bouteilles chargées, elles sont entraînées par le tapis où elles vont être remplies de vin, puis un petit "pschiiit" qui fait le vide d'air dans le reste de la bouteille et hop un bouchon ! tout ça supervisé par le poste 2  qui est tenu par monsieur manège.
3 et 4) 2 personnes à la sortie qui récupèrent les bouteilles ainsi pleines et bouchonnées (environ 1kg chaque bouteille) et les rangent dans un palox (bien alignées, bien collées les unes et autres et empilées soigneusement).

On m'a attribué le poste 3 (zut, si j'avais eu de plus longs bras, j'aurai soulevé moins de poids !)

La mise en chiffres:

à l'entrée : 73 hectolitres de vin (et un hecto correspond à ?... 100 litres !)
à la sortie : 10211 bouteilles (de 75cl et de 50cl)
temps écoulé: 6 heures
soit une bouteille sortant toutes les deux secondes.

Sachant que , pour éviter les embouteillages en fin de chaîne, nous prenons les bouteilles 4 par 4 (oui, oui, deux dans chaque main, habilement coincées entre les doigts, gare à la casse !),
mes doigts ont donc supporté à chaque fois 2 kilos dans chaque main (et je peux vous dire que plus ça avance, plus ces deux kilos vous paraissent lourds et vos doigts sont douloureux)

En partant du principe que j'ai rangé la moitié des bouteilles en sortie, soit environ 5100 bouteilles et que je les prenais 4 par 4, cela engendre :
1275 pivots avec le bassin (je récupère les bouteilles et me tourne d'un quart de tour pour accéder au palox)
1275 "je monte sur une marche car le palox est trop loin" (toujours la cuisse droite qui travaille... je vais avoir l'air difforme !)
1275 je me plie le dos pour déposer les bouteilles au fond du palox.


Bref, mes doigts ont supporté 5 tonnes en 6 heures, j'ai fait ma gym avec 1275 abdos.
Je vais avoir une cuisse musclée (et pas l'autre), des doigts super forts (très utile me direz vous), et un mal de dos pendant plusieurs jours !

Mais heureusement, pour garder les muscles chauds et travailler les épaules, bras et cuisses (les deux) avant l'été, il me reste plein de bois à tirer !

Ah, le métier de vigneron... un sport complet !

samedi 25 février 2012

Aujourd'hui, j'ai fait ma première dégustation dans un restau !

Aujourd'hui est à marquer d'une pierre blanche (1). J'avais rendez vous dans un restaurant afin de faire déguster au nouveau patron nos vins.

8h: prise de mes fonctions au bureau, je suis zen, étonnamment, je fais la liste de ce dont je vais avoir besoin et réunis donc tire bouchon, 3 bouteilles finement choisies avec mon guide, mon porte-vue avec tous les papiers éventuellement nécessaires (tarifs de livraison, description des cuvées, carte de visite, calculatrice, etc...). hummm, je crois que j'ai tout.

8h40 : je suis en train de relire les fiches descriptives des 3 vins que j'apporte, question de retenir avec quels cépages ils ont été faits et deux, trois détails techniques.

8h43 : coup de téléphone de mon guide pour me dire de ne pas stresser, que tout va bien se passer, qu'il faut que je sois moi même et que je parle du vin avec mon feeling habituel et mon empathie naturelle et que je laisse parler le restaurateur.

8h44 : je note les conseils, mais suis toujours confiante: le restau prenait déjà de notre vin, je contacte juste le nouveau propriétaire pour voir si ça l'intéresse de poursuivre avec nous. Je ne saurai dire pourquoi mais ce fait là me rassure et me donne confiance, comme si le terrain était déjà connu.

8h46 : re-tel : toujours mon guide pour me dire qu'un client (faisant partie de la famille et lecteur assidu de ce blog, coucou mister M. !) passera vers 10h chercher une commande. OK, ... enfin non, parce que moi, à 10h15, je dois partir pour mon rdv.

8h48 : je rappelle mister M. pour lui dire de passer un peu avant. Tout est bon.

8h49 : je mets à jour nos plaquettes car on a mis en bouteille une nouvelle cuvée

9h18: je change les cartouches d'encre de l'imprimante afin de pouvoir imprimer les dites plaquettes.

9h23 (les mains de toutes les couleurs), re-tel : c'est mon guide qui me dit que ca va aller, que je ne dois pas stresser, que je vais y arriver, etc, etc...

9h25: MAINTENANT JE STRESSE ! (c'est malin, ça)

Ensuite mister M passe prendre sa commande, papoti papota qui me change un peu les idées et à 10h (un peu en avance), je suis assise dans mon camion prête à affronter (euh, rencontrer) le restaurateur.
J'ai environ 45 minutes de route, j'arrive un peu en avance et me prend un café dans une brasserie toute proche. Tout va bien.

11h : l'entretien commence.
Il commence par me dire qu'il a un ami vigneron dans une autre appellation et qu'il va faire affaire avec lui (oups, ça commence mal), je ne me laisse pas déstabilisée et lui parle de notre domaine, des trois vins que je lui ai amené... Première question de sa part "que commandait mon prédécesseur ? " (mince ! le détail bête que je n'ai pas pensé à regarder , quelle idiote !) Je repense alors à la phrase de mon guide "sois naturelle" et là, je dis au client "écoutez , je vais être honnête avec vous, vous êtes mon premier restaurateur pour une dégustation, parce qu'en a fait, ça ne fait pas longtemps que je suis dans le métier blabla blablabla ..." attention, je ne lui ai pas raconté ma vie, c'était un échange intéressant !
En tous cas, je ne sais pas si ça a sensibilisé la serveuse ou si c'était juste du professionnalisme, mais elle a commencé à se manifester par des "ce vin, les clients nous le réclament, on l'a plus depuis quelques semaines, et celui là aussi et en rosé aussi", ok, deux, trois phrases bien placées (merci de votre soutien madame la serveuse même si ce n'était pas volontaire)
11h40: je pars du restaurant, une commande de 150 bouteilles dans mon sac, et en plus, faut que je farfouille au vignoble s'il n'y a pas des photos qui trainent car il refait la déco.

11h42: je suis dans mon camion, le sourire aux lèvres et pas peu fière de cette première dégustation .
Je reste consciente que même dans le commerce, c'est peut être la chance du débutant ! Nous verrons bien combien de temps cette "chance" me tient !







1. marquer d'une pierre blanche, d'où ça vient ?
En France, sous l'Empire, la participation au service militaire pouvait être volontaire ou tirée au sort. Ainsi, le futur soldat plongeait la main dans un sac rempli de cailloux noirs et blancs. Si la pierre retirée était noire, il devait alors partir au combat, ou bien payer un autre homme moins riche que lui pour qu'il le remplace. Si à l'inverse la pierre était blanche, alors il était exempté de service militaire. Il pouvait donc se souvenir longtemps de ce jour heureux où le caillou blanc lui avait évité la mort. Depuis, on utilise cette expression lorsque l'on souhaite figurer que l'on se souviendra longtemps d'un événement important à nos yeux.

jeudi 23 février 2012

En formation...

Ces jours ci, je participe à une formation visant à se regrouper afin de mettre en avant les spécificités de notre terroir et de notre AOC.
Cette formation part du travail du sol jusqu'au calcul de prix de revient d'une bouteille. Donc trés intéressant pour quelqu'un qui débute comme moi. Sauf que...la plupart des autres participants sont des vignerons depuis beaucoup, beaucoup, beaucoup plus longtemps que moi et que les questions sont hyper pointues. Mais je ne désespère pas et prends ce que je peux prendre.
Derniers jours de formation en date : étude des sols, podologie, géologie. Waouh, rien que ça. Bon, moi, aller renifler la terre et creuser des trous, ça me plait bien mais l'aborder de manière théorique... comment dire... il renait en moi une espèce d'allergie aux termes physiques/chimie ... Phosphore, calcium, tout ça symbolisé au tableau par leur lettre référence..."NPK vous dis-je ! NPK !!!" Argh, j'ai peur...
et comme tout cancre réfractaire à certaines données, je me suis mise à griffoner sur un coin de table.
Voici quelques morceaux choisis:

AVERTISSEMENT: Ces dessins ne sont pas forcément le reflet de ce qui a été dit lors de la formation, mais simplement le fruit de mon interprétation, mon extrapolation, mon imagination (mais au départ, y'a toujours un mot de vrai !)











Allez, courage... prochaine étape "le marketing appliqué" ... comme si je ne m'appliquais pas, pfffft !

mardi 14 février 2012

Tirer les bois...

Lorsque la vigne est taillée, il reste encore à "tirer les bois", c'est à dire qu'on va enlever les branches de la vigne restées accrochées, emmêlées, empêtrées dans les fils de fer du palissage. Et la vigne, c'est comme une lianne, ça s'accroche bien.

Explication en images:




lundi 13 février 2012

Devenir négociant en vin

Devenir négociant... jusque là, rien de compliqué: cela  consiste à pouvoir acheter du vin chez un collègue par exemple et le revendre.
Sauf que... pour avoir ce statut légal, il faut passer par l'étape "déclaration aux douanes" et oui, on ne joue pas avec les produits alcoolisés comme ça !
heureusement, notre douanier est quelqu'un de fort sympathique: laissez moi vous conter notre rencontre...

Un matin, vers 10h ...

Le douanier, très dévoué, prit sa tache très à coeur...


Et près d'une heure plus tard...


Vu que je ne maîtrise pas tout le champ lexical du droit douanier, j'ai préféré tout bien noté !



Résultat: j'ai passé 2 jours et demis sur Excell à créer de magnifiques tableaux avec des formules de calcul automatiques et des colonnes qui se reportent automatiquement d'une page à l'autre ! Waouh, j'suis trop fière !

Février... l'hiver (enfin !)

Qu'il est loin le temps où j'écrivais tous les soirs... Toutes mes excuses à ce sujet; ce n'est pas que je n'ai plus rien à dire... nooooonnnnnnnn, loin de là, j'y pense souvent pendant ma journée de travail "tiens, ça, ça ferait un bon post pour le blog" mais le soir arrivant, la nuit tombant... pffffiout, ma motivation s'envole quelque peu et puis un jour, un commentaire tombe, une personne me parle de mon blog et hop, la motivation de bien vouloir prendre le temps d'ecrire rejaillit !
J'ai quelques croquis à disposition que je posterai dès demain, dont je vous garde la surprise du sujet.

Mais revenons à nos vignes. L'hiver s'est enfin installé ! youpi ! En tant que nouvelle femme de la campagne, je commence à vivre en harmonie avec les végétaux qui m'entourent. Et non, des bourgeons en plein mois de janvier avec 15 ° de température extérieur, 1) ce n'est pas "normal" 2) Ce n'est pas bon pour les plantes, qui sautent leur cycle de sommeil 3) c'est encore plus terrible si la sève monte dans la plante et qu'il gèle par la suite ("rappelez vous l'hiver 54 -non, peux pas j'étais pas née- il a gelé trés tard et trés durement et les pruniers avaient éclatés !" dit mon voisin agriculteur), alors moi, je le crois parce que je suis en pleine phase d'apprentissage et je n'essaie même pas de rivaliser avec les savoirs ancestraux de ces gens qui savent observer la nature et qui vous sortent des dictons à tire larigot* (au début on sourit poliment, après on s'y intéresse pleinement car la plupart s'avère vrai ! "S'il gèle à la Saint Raymond, l'hiver est encore long" (oups, c'est quand la saint Raymond ???)
Donc, après un très doux mois de janvier, voici Février et sa grande chute de neige (et des températures !). Difficile d'atteindre le vignoble et une fois qu'on y est, difficile d'en repartir (un peu comme l'éducation nationale en fait !). La neige bloque la plupart des routes, mais bon, un peu comme chaque année où ça fond au bout de deux jours... sauf que là, Raymond il a bien dit "comme l'hiver 54" et ça fait une semaine et la neige est toujours bien là. Vivent les feux de cheminée et les bonshommes de neige !

La vie au vignoble s'en est trouvée ralentie, se laissant bercée par le doux calme blanc. Seuls les oiseaux viennent nous rendre visite (et un livreur un peu aventureux apparemment). Douce quiétude des temps neigeux. Le froid accompagné de vent est bien vivifiant quant à lui. Et dans cette contemplation de la nature en sommeil on n'en oublierait presque que cette justement cette semaine qu'on devait mettre en bouteille la cuvée 2011 et que le camion ne pourra jamais descendre le chemin qui mène à l'entrée du chai, que j'avais prévu de l'étiquetage pour préparer la saison des salons qui recommence (oui, mais là, rester dans le chai où il fait proche de zéro à attraper des bouteilles gelées à mains nues (parce qu'avec les gants, ça glisse !)... non, désolée je peux pas. Ce n'est pas faire ma chochotte, c'est que... "faut savoir préserver son outil de travail" dit mon guide (et cet outil, c'est moi !)... donc, pas de risque inutile de rhume, grippe, gelure ou autre glissade sur une plaque de verglas: restons au bureau, bien au chaud !
Préparer les salons: réserver un hotel pour le vigneron, repérer nos clients des années passées et leur préparer un joli courrier pour leur annoncer notre venue, y joindre une invitation éventuellement... tout ça, écrit par mes soins, imprimé sous mes ordres par une imprimante qui bouffe plus d'encre d'une troupe entière d'écoliers avec leur bic, soigneusement plié (merci mon fils de 12 ans qui m'a montré une technique allant 6 fois plus vite que la mienne), délicatement introduit dans une enveloppe, cacheté et enfin timbré (à la main , s'il vous plait !)
Alors, messieurs, dames, s'il vous plait, quand vous recevez un courrier, même commercial, dites vous bien que (si c'est une petite structure), quelqu'un est derrière ce courrier, qu'il y a passé du temps, a hésité peut être longuement sur chaque phrase qu'il allait y mettre....merci de le lire, juste une fois... question de me dire que je ne fais pas ça pour rien !





Avant de se quitter, travaillons l'étude de la langue, tout en se cultivant:

*Tire larigot : Expression née dès la fin du XVe siècle de l’association du verbe "tirer" (sortir un liquide de son contenant), et du nom "larigot", sorte de petite flûte, cette expression était à l’époque principalement associée au verbe "boire". "Boire à tire larigot" était donc pour les buveurs une incitation à faire sortir le vin des bouteilles comme on faisait sortir le son de l’instrument. (y a-t-il un lien avec l'expression pour désigner quelqu'un qui boit en disant de lui qu'il "flûte" ?)

Et quelques dictons "meteo":
-Neige et vent à la Chandeleur, printemps proche (ouf, nous voilà sauvés !)
- Avril venteux rend le laboureur joyeux 
-Brouillard de Mai, chaleur de Juin, amènent la moisson à point. 
-Le vent du jour de l'an souffle moitié de l'an  
etc, etc, etc... 

jeudi 12 janvier 2012

La routine... pleine de surprises !

Certaines journées commencent à se ressembler. J'ai encore pleinement le plaisir de la découverte de certaines taches, principalement le travail à la vigne suivant les saisons, même si ce n'est pas là que j'interviens le plus (dommage, j'aime bien mettre mes nouvelles bottes vertes pomme, rembourrées chaudement à l'intérieur -merci Maman !-)
Je redécouvre la nature sous un autre angle, avec plus d'attention. Aujourd'hui, le vignoble s'est réveillé dans le brouillard, il n'y est pas resté trop longtemps et nous avons la chance ici (car ce n'est pas du tout le cas à 5 kms d'ici , incroyable !) de voir le soleil pointer ses rayons assez vite.
Avec cette brume, notre ouïe est décuplée. Le moindre chant d'oiseau est amplifié, les gouttelettes tombant des branches après le dégel chantent un doux clapotis. Nos poules réclament qu'on leur donne leur liberté diurne. Et vous savez ce qui m'a le plus surpris ? C'est d'apprécier tout cela. Ce silence bruyant de campagne pouvait me paraitre angoissant fut un temps, mais pas là... il m'apaise. J'ai eu une pensée pour les collègues, au chaud, dans leur classe... Je me suis remémorée les cris d'enfants pendant la récréation, le bruit des règles métalliques qui tombent du bureau, les chaises qu'on traine au lieu de les soulever, les chuchotements dès qu'on a le dos tourné. Ces sons là ne me manquent pas. Je les ai entendu suffisamment pour les garder dans ma bibliothèque sonore personnelle. Ils me vont bien ainsi.

Après cette pause contemplative, je me suis remise à mon bureau: faire le tour des mails, adapter son programme de la journée si besoin. Tout va bien. Tout est calme. Je m'attèle à ma tache du jour, à savoir " entrer des données informatives sur le vignoble sur un site de vente en ligne de produits bio" dont nous sommes à présent les partenaires. Lorsque que SOUDAIN (d'où le titre de ce message) le téléphone sonne! (si, si!) . C'est un caviste que nous avions démarché lors d'un des salons d'automne. Il a aimé notre vin, il l'a fait gouter à un autre caviste qui a aimé aussi et ils veulent en commander...plein ! hourra ! youpi ! Qu'il est bon de voir que notre travail paye. Tellement de coup de fil, de suivi qui n'aboutissent jamais ! C'est donc avec une certaine fierté que nous recevons ces demandes et ça fait réellement du bien au moral. J'ai beau savoir que seulement 10% des démarchages aboutissent à un rdv, et encore moins à une vente, je n'apprecie toujours pas les histoires stagnantes... une sensation d'avoir perdu son temps.. mais ça, on ne peut jamais le savoir à l'avance !
Donc, je prends note de la commande. Regard dans les stocks: c'est bon, on a ce qu'il faut ! Je me fais un pense bête pour préparer la commande le lendemain , parce que quand même, j'ai bien envie de finir de compléter ce site en ligne (toute emplie que je suis de cette fierté enivrante).
Lorsque soudain, le téléphone ressonne. Et recommande du même vin. Ah, cette fois ci, ça commence à être juste... Quitte à le faire, autant aller au bout: je me décide à appeler d'autres restaurateurs qui apprécient ce vin et bingo ils décident d'en prendre aussi. Et hop, voilà mon programme de la journée qui prend un tout autre virage... direction le chai et mon amie l'étiqueteuse !

Résultat de la journée:
fierté professionnelle: 1
moment de plénitude sonore: 1
bouteilles étiquetées dans le chai où il fait un peu frais: 192
bouteilles lavées (car c'est un vieux millésime qui a pris la poussière) : 54

L'avantage, c'est que je sais tout de suite ce que je vais faire demain matin: aller au chai, donner un dernier coup de chiffon sur les bouteilles que j'ai lavées afin d'en ôter toute trace rebelle, et finir de mettre en carton cette cuvée afin que des gens des quatre coins de la France puissent sourire en partageant cette bouteille.
Ah, c'est un beau métier que je fais là !

lundi 9 janvier 2012

Janvier.

Comme un mois d'hiver où il ne ferait pas assez froid selon la plupart des agriculteurs du coin, comme un mois de janvier où certains arbres bourgeonnent... Quand on est citadins, on aime le soleil, quand on devient paysan, on sait apprécier la pluie...
Nous allons partir du principe que je me sens encore un peu citadine dans l'âme, même si j'apprends et aime observer la nature au fil des saisons.

Ici, tout pourrait paraitre calme: les vinifications sont terminées, les prochains millésimes attendent sagement de pouvoir sortir sous l'oeil avisé du mon guide. Naissance prévue en février !

La vigne s'endort, ses feuilles sont tombées au sol. Le vigneron va passer voir chaque pied, l'observer, le choyer et choisir méthodiquement quels sarments il laissera pour l'année prochaine afin de limiter la croissance démesurée de la vigne et ainsi régulariser la production des raisins en qualité et en quantité. C'est un choix délicat et une opération dont je n'ai pas voulu assumer la responsabilité pour cette année !
Pour ceux qui veulent plus de détails, c'est par ici :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Taille_de_la_vigne


Je choisis donc l'option un peu moins délicate, même si chaque opération sur la vigne demande de l'attention. Pour moi, cette année ce sera tirage des bois ( à défaut des rois !). En quoi cela consiste-t-il ?

Eh bien, c'est simple :
Une fois que la vigne est taillée, il faut passer derrière chaque pied et tirer sur les sarments enchevêtrés dans les fils de fer (cf le chapitre sur le palissage).
Mais pourquoi ne pas les laisser tomber tous seuls me direz-vous ?
Tout simplement car les vrilles de la vigne les tiennent solidement attachés aux fils de fer et que si nous ne les retirions pas, ils mettraient plusieurs années à se dégrader. Au printemps, ils viendraient se mêler aux jeunes pousses et seraient gênants au milieu des jeunes branches,  feuilles et raisins.
Les vignerons n'ont donc pas d'autre choix que de les faire tomber. C'est un travail particulièrement éprouvant car la vigne est une liane qui a la propriété de se fixer solidement sur tous les supports avec lesquels elle est en contact lors de sa croissance. Nous devons donc tirer, tirer, tirer encore afin de les extraire du rang.
Au fur et à mesure, il faut les déposer au sol, au milieu du rang, ils seront ensuite broyés. Cette méthode présente un grand intérêt agronomique car les bois de la vigne restituent au sol tous les éléments qu'ils contiennent et qui ont été puisés durant la période végétative, que se soient des éléments minéraux ou encore la matière organique. C'est une méthode naturelle permettant de ne pas trop appauvrir les sols et ainsi de limiter les apports d'engrais ou encore d'amendements organiques.
Mon guide me met en garde: comme d'habitude, vigneron est un métier périlleux ( entendez vous la petite musique angoissante qui monte ?)
Les seuls dangers ici étant 1) se crever un oeil en prenant un retour de sarment dans la figure et 2) tirer sur la mauvaise branche et amputer le cep du sarment qui devait porter ses fruits au printemps prochain .
Je considère que les dangers sont aisément évitables et me sens capable de réussir cette nouvelle tâche.

Allez hop, c'est parti : Gnnnnneu.... outch..... pffiiiiiiouuut... je m'éssoufle vite à tirer sur des branches résistantes, on imagine pas comme elles s'accrochent et sont costauds. Mais je ne cèderai pas , non, non !
Je tire, prends appui, essaie de trouver la position où mon corps aura le moins d'effort à faire (on se plie facilement en deux dans toutes ces taches et le corps étant notre outil principal, il faut le préserver au maximum -quand on peut-)
Un demi rang plus tard, j'ai chaud et je me sens bien: forcer comme une ânesse défoule assez bien en fait et j'ai apprécié cette tache "bourrine" qui me sort du commercial ...

Quelle est la météo pour demain ? Averses ? ... hum, je crois que j'ai des commandes à préparer, je retournerai dans les vignes dès que le soleil reviendra ! (c'est pas de ma faute, j'ai des origines niçoises, ce qui veut dire un gros besoin de soleil pour un développement serein et une certaine aversion pour la pluie !)

mercredi 14 décembre 2011

Un sulfitage pour trier les apiculées.

Bonjour,

Que de temps passé loin de ce blog. Il y a d'une part mon emploi du temps surchargé (je ne me ferai pas un peu exploitée moi ???) et d'autre part une inspiration un peu moins vive ces temps ci.
En effet, cela fait maintenant 3 mois et demi (waouh, de l'ecrire je réalise combien c'est peu !) que je découvre le métier et chaque jour est un peu moins nouveau que la veille (c'est ce que l'on appelle communément "acquérir de l'expérience") et donc je ne sais plus trop quoi écrire par ici. Ou bien est-ce juste un surplus de fatigue... Nous verrons bien avec le temps.

Aujourd'hui, même si la machine continue de faire parfois des siennes, je gère l'étiquetage de A à Z: sortir le pallox du haut de sa pile sans appréhension, tout installer, etiqueter, emballer, ranger, ne pas oublier de noter dans l'agenda la quantité de bouteilles étiquetées afin de mettre à jour le stock en fin de mois... bref, je suis autonome. Un peu seule certes, mais autonome. Oui la compagnie me manque. Passer l'apres midi à dépoussièrer des bouteilles, les poser sur un tapis roulant, les récupérer de l'autre coté, les ranger dans un carton et empiler les dits cartons peut etre un peu lassant et je suis à cours de chanson dans ma tête. Pour peu que j'ai entendu une chanson au refrain débile avant d'y aller, vous imaginez quelle apres midi je passe "Elle me dit t'es trop nuuuul, sors un peu de ta buuuuulle..."

Niveau commerce, toujours quelques appréhensions à décrocher le téléphone pour démarcher de nouveau restaurants ou cavistes, mais ça avance petite à petit grâce aux conseils avisés et forts judicieux de mon guide. Et quelquefois, et bien lorsqu'une vente se fait, je suis plutôt fière (bien que je ne considère pas que mes arguments y soient pour grand chose, mais finalement n'est-ce pas ça le commerce : arriver à toucher la personne au moment où elle en a besoin ?)

L'hiver arrive au vignoble. Les hommes sont à la taille, les vignes ont perdu tout leur feuillage. Un petit coté triste mais un repos tellement mérité.

La nouveauté du jour fut que je me suis immergée dans le monde des vignerons (attention, pas comme un repas entre collègues où là on peut tenter un autre sujet de conversation que le taux de SO2 libre , noooooooooooon), mais plutôt comme lors d'une formation. Pour vignerons. Pas pour débutants. Vous n'avez pas l'air de comprendre. Imaginez une vingtaine de vignerons dans une salle à qui on explique l'influence des techniques choisies lors de la vinification sur les arômes du vin. HAHA. C'est déjà moins clair hein ?
Ajoutez à cela le vocabulaire de la chimie (que je n'aimais pas beaucoup lors de mes études), des blagues que vous ne comprenez pas mais qui font rire toute l'assemblée "le cidre basque monte à 0,8 de volatile, c'est ça qui fait leur typicité ! " hahahahaha (non, vraiment désolée, je ne vois pas quand je dois rire... il doit y avoir quelquechose dans les volatiles que je n'ai pas saisi !)
J'avoue, au bout d'une heure et des poussières, j'ai commencé à décrocher: trop de vocabulaire inconnu (au début, on veut bien chercher le sens d'apres le contexte, mais ensuite cela devient vraiment tres difficile) . Je vous laisse d'ailleurs méditer sur ceci (et vous mettre un peu à ma place):
"Un sulfitage est bénéfique pour trier les apiculées, mais ce qui est certain, c'est que le sulfitage est indépendant de la thermo."
(J'ai hésité à rire, je croyais que c'était encore une blague que je n'avais pas comprise...)

vendredi 25 novembre 2011

les jours sont de plus en plus courts !

Comme les jours passent à vive allure ces temps ci, tant de choses à dire, si peu de temps pour écrire !

Il faut gérer les retours de salons: relancer les restaurants et cavistes qui ont été démarchés, en travaillant d'abord une offre personnalisée (à chaque lieu ses besoins !), entrer dans notre fichier client tous les contacts qu'on a pu faire sur les salons (pour le coup, je me revois en train de corriger des copies en essayant de déchiffrer des écritures parfois illisibles - à part que là, je ne peux pas tout barrer en écrivant " à refaire, illisible, applique toi sur l'écriture !")

Je suis aussi en pleine préparation d'une journée d'accueil pour les particuliers sur le thème : amenez votre menu des fetes de fin d'année, on vous conseillera sur les vins appropriés à chaque plat !
Ce qui veut dire : préparer des fiches descriptives sur chaque vin proposé, planifier la journée, étiqueter quelques magnums (bouteilles d'1,5 litres), préparer des cartons panaché spécial noel (avec différents vins dedans), réfléchir à des offres promotionnelles pour ce jour là, mettre en valeur les produits ... et trouvez des idées originales ! comme par exemple: après la rencontre avec un confiturier sur le dernier salon, je vais proposer du "confit de vin" : idéal sur le foie gras ou avec le fromage (suivant le vin qu'on y a mis dedans...)
la grande interrogation est : combien de personnes vont se présenter au vignoble ce jour là ??? Je serai quasiment seul pour tout gérer, 4 heures d'ouverture non stop... aussi bien il y a aura 3 personnes, aussi bien 150 ... la grande surprise quoi !
Un peu de pub dans la presse, quelques courriers à nos clients du coin et des mails aux amis (des fois que personne ne vienne, c'est toujours sympa qu'il y ait des amis qui passent !)
Bref, un défi expérimental ! On verra bien ce que ça donne !

Sur ce, je vais essayer d'aller manger vite fait avant de réattaquer cette apres midi ! ouf, demain c'est le week end (et theoriquement, ce devrait etre un vrai week end ... croisons les doigts, on en a tous besoin ici !)

lundi 14 novembre 2011

SALON

Ce week end, pas de répit !
Un salon m'attendait.
Départ à 7 h samedi du vignoble pour 48h de salon: ou comment rester enfermée dans une salle de fête quand il fait beau.

30 exposants, une ambiance fort sympathique, de bons contacts... mais un salon, parfois ça peut donner ça:
On attend le chalant, on est fier de ses produits, prêt à en parler avec passion...

Comme c'est assez calme, on s'occupe afin de garder le moral et de rester disponible et souriant pour l'éventuel client...

il est toutefois difficile de garder le sourire quand l'ennui fait rage et que les organisateurs ont prévu des animations qui n'aident nullement le commerce...

Reste une seule solution pour rester optimiste...

Quand on sait qu'il faut y retourner le lendemain... pffft... le pire, c'est qu'on garde toujours espoir que ce sera mieux que la veille...

mercredi 9 novembre 2011

Mardi... ensoleillé !

Aujourd'hui fut marqué par le retour de mon guide après dix jours passés en salon et autres démarchages... Et qui dit retour de salon, dit retour de caisse, retour de stock... à comptabiliser !
Donc, ma matinée fut occupée par le relevé de la caisse et combien de billets par ci, et combien de pièces par là... j'avoue, j'aime bien (j'ai l'impression de jouer à la marchande et ça change des billets et pièces en carton à la fin des fichiers de maths que je pratiquais avec les enfants jusqu'à lors.), bref, il faut relever sur une jolie petite fiche quelles ventes ont été faites, quel type de règlement et vérifier que le montant total des chèques, espèces et carte bleue correspond ! Ensuite vient le tour des bouteilles : combien ont été sorties du stock au départ, combien ont été vendues, combien ont été ouvertes pour des dégustations. Et vérifier sur le stock réellement revenu que ça correspond ! Mine de rien, de l'écrire, ça prend 4 lignes, de le faire, ça prend 2 bonnes heures et demies !
Tout ça sur fond de voix de mâles qui échangeaient sur la biodiversité du domaine, et sur comment s'occuper des vignes de la manière la plus naturelle possible (très intéressant !). Mais je n'ai pas assez écouté attentivement pour vous en dire plus pour l'instant.
Ensuite, préparation de commande où j'ai découvert que monter une légère côte avec un transpalette sur lequel reposent 45 cartons relèvent d'un effort musculaire herculéen. A éviter donc ! (C'est assez étrange la vitesse à laquelle peut naître une douleur musculaire...)
La pause de midi arrive après une livraison. (enfin !)

Je commence mon après midi dans le bureau, bien décidée à avancer sur l'oenotourisme et prête à faire un compte rendu détaillé de mes dix derniers jours de boulot à mon guide;.. lorsque soudain... une voix m'appelle... "On aurait besoin de toi dans les vignes, allez viens, en plus il fait beau !" -ok, comment résister à cet argument : entre rester enfermée dans le bureau à bronzer à la lumière de mon ordi ou sortir au grand air ?...je suis une fille saine, je choisis la lumière naturelle !
Activité : suite du palissage: lorsque j'arrive, je suis un peu déçue, point de tracteur à conduire (il n'y a qu'un énorme engin où mon pied n'arriverait jamais à atteindre la première marche !). Tous les piquets sont plantés, on dirait un cimetière normand tellement c'est bien aligné !
Notre tâche aujourd'hui est de tendre des fils métalliques sur lesquels viendront d'entortiller les vignes grandissantes. Donc, le gros engin est doté de 8 plateaux à l'arrière qui déroulent au fur et à mesure 8 fils, permettant d'installer les fils sur 2 rangs et demi en même temps... C'est un peu flou comme explication, je l'admets. Derrière la machine : 2 hommes (un dans chaque rang) qui surveillent que les rouleaux ne s'emmêlent pas et guident les fils.
Mon rôle ? Quelques mètres derrière eux, placer les fils (4 par rang, 3 devant, un derrière) dans les encoches des piquets (le premier tout en haut, le second au milieu et son copain fil juste de l'autre coté du piquet, et le troisième en bas. Je tente des levers de bottes avec le fil dessus pour éviter de me baisser tous les trois mètres.. Ca muscle les cuisses et ça soulage le dos !
Bilan de l'apres midi : 17 rangs de faits... courage, il n'en reste plus que.... 5 fois plus ! Oui, enfin... le problème, c'est que demain, ils n'ont pas annoncé du beau temps... Je ne voudrais pas faire ma chochotte, mais vraiment... faut que je finisse mon dossier sur l'oenotourisme !

lundi 7 novembre 2011

Faire marcher ses neurones...

Lundi...
c'est le jour des idées !
le jour où la plupart des restau sont fermés, donc pas de commerce. Le jour où on ne fait pas de muscu (plus besoin de moi comme chauffeur expérimenté !) Que vais je donc bien pouvoir faire de ma journée ? Oh, j'ai bien quelques petites choses qui trainent à régler .
Ok, alors résolution de la journée : finir toutes ces petites choses que j'ai commencé !
1) finir d'établir la grille des tarifs d'expédition en fonction des prix de notre transporteur.
Sachant qu'à l'heure actuelle, nous nous référons à un tableau double entrées: à l'horizontal, tous les départements, classés par ordre numérique et à la verticale une vingtaine de colonnes représentant les tarifs en fonction de la quantité (appelé "col", 1 col = 75 cl)
Je m'étais donc lancée dans un tableau plus simple d'utilisation, créant 8 catégories de tarifs, en regroupant les départements. Après de savants tris et calculs, j'obtiens enfin mon tableau et pu donc entamer la phase finale: imprimer une carte de France vierge avec les départements délimités (ouh, doux souvenirs d'instit) et j'ai colorié les départements en fonction de leur catégorie tarifaire. Tout ça en trois exemplaires: le premier pour ma comptable préférée, le second pour moi et le troisième va rejoindre le formidable "kit du commercial" que je suis en train de préparer.

2) Compléter mon "kit du commercial"(justement, ça tombe bien). L'idée est toute simple: on se retrouve souvent lors de nos démarchages à manquer d'une info ou d'un papier ( ça, c'est mon guide en salon en ce moment qui me l'a fait remarquer). J'ai donc réuni dans un porte-vue: les tarifs pour les particuliers, pour les cavistes, les restau..., ma fameuse carte et son référentiel de tarifs pour les expéditions, des plaquettes de pub, des cartes de visite, une calculatrice (toujours utile !). je dois encore y mettre les fiches techniques sur chacun de nos vins (en cours de réalisation, je ne peux pas tout faire non plus en une journée, faut pas exagérer !), des photos de nos bouteilles (on n'emmène pas toujours toutes nos cuvées en dégustation, ça permettra de présenter quand même toute notre gamme de produits) et y joindre quelques pubs pour le gîte (faudrait pas l'oublier celui là, aussi !)

3) Travailler l'oenotourisme ou comment faire pour attirer des particuliers ici en leur offrant une activité que j'aurai bien aimé moi-même faire !
C'est là que ça se complique un peu. Chercher des idées. Il est 11 heures. J'ai faim. et mon cerveau ne pense qu'à la nourriture. Continuer de chercher en faisant la sourde oreille à mon estomac. Tiens, au lieu de vouloir tout inventer, si j'allais déjà fureter sur le net voir ce qui existe ?
Ah oui, c'est bien ça.. et ça aussi, c'est une bonne idée ! ... et là ... encore mieux !
Et hop, les formules de week end à thème jaillissent, je pense aux ressources locales et youpi, ça fuse ! Je ne vais pas vous décrire mes idées géniales là, maintenant... des fois qu'il y aurait un espion parmi vous qui voudraient s'en servir... ou plutôt ... je ne vais pas vous décrire mes idées là maintenant (en bonne commerciale que je suis devenue) car il vous suffira de venir pour les découvrir ! gniak, gniak, gniak !
Il faudra que je songe à ajouter un week end "dédicace" le jour où mon blog sera célèbre...
Ou mieux un week end spécial "instit qui veut changer de métier", avec de grandes réunions de plaintes constructives où le vin coulerait à flot et tous signeraient leur demande de dispo, plein d'allégresse et de projets en tête !
Je suis tout à fait consciente de la chance que j'ai d'avoir eu la possibilité de partir de ce métier qui ne me satisfaisait plus, et je souhaite à tous ceux qui en ont marre de leur labeur, d'oser changer, d'oser prendre le risque... vous verrez, ce n'est que du bonheur !

jeudi 3 novembre 2011

Ah le grand air !

Ah... rien ne vaut une journée à l'extérieur...



Mais arrêtons un peu de rêver et regardons la réalité en face :



L'important dans tout cela, c'est l'équipement... ou comment lier une activité d'extérieur avec un minimum de féminité sans abîmer toutes ses fringues habituelles !



Parfait ! Sauf que ....



C'est pas encore gagné ...

mercredi 2 novembre 2011

Opération Musculation !

Aujourd'hui,
je ne vous parlerai pas de ma maîtrise de plus en plus détendue du tracteur, mais plutôt d'arithmétique.
La palissage, je vous ai déjà expliqué sa fonction, mais sa préparation, ça c'est autre chose et c'est mon quotidien du moment:
Nous devons planter les piquets qui serviront de support aux câbles sur lesquels viendront grimper la vigne.
Mon rôle dans tout ça : déposer les piquets.
Mes outils : une paire de gants, mes bras, un tracteur avec une remorque (à recharger à chaque aller-retour)

Longueur de chaque rang: environ 200 mètres
Nombre de rangs fait aujourd'hui : 16
Nombre d'heures : 6

N'essayez pas tout de suite de calculer combien j'ai parcouru de mètres, car évidemment, ce n'est pas si simple !
Comment se déroule le parcours ?
J'avance le tracteur d'une longueur d'environ 15 mètres, je prends deux piquets dans la remorque et les dépose au bout de ces 15 metres, je reviens à la remorque, reprends deux piquets et les dépose à 12 metres, et reviens.. ainsi de suite jusqu'à arriver aux piquets proches de ma remorque. Donc je pense qu'on peut multiplier la distance d'un rang par 3 (au moins !) pour savoir la longueur de ma randonnée du jour. sachant que je ne fais qu'un rang sur deux puisque je dépose les piquets des deux côtés en même temps... (vous suivez toujours ?), cela fait environ...4800 metres. 5 kms de marche (dans la boue), mes muscles des cuisses les ressentent, sans compter toutes les montées et descente de tracteur (mieux que le step !) et le serrage/ desserrage du frein à main qui a beaucoup développé mon biceps gauche (et endolorit mon coude).

Donc, exercices muscu jambes: ok, entrainement cardio : ok
Il manque quelque chose pour compléter ma séance de remise en forme...Ah oui, travailler les pectoraux et les biceps (uniquement le gauche pourrait s'avérer disgracieux à la longue !)
Pour cela nous avons les piquets : afin de varier les plaisirs, nous avons des piquets en bois (longueur 2 mètres, poids : environ 6 kilos) et des piquets en métal (même longueur, 2 kilos)
Après en avoir chargé suffisamment pour faire un aller-retour dans la remorque, il me faudra les porter jusqu'à l'endroit où ils seront plantés, d'abord à la main, puis une machine viendra finir le travail.
Sachant que 4 piquets métalliques s'intercalent entre deux piquets bois et que sur chaque rang, on compte en moyenne 8 piquets bois... Pour un rang, je porte donc 112 kg.
Sachant que j'ai fait 16 rangs... outch, j'ai mal ... 1 tonne et 792 kilos (je ferai cadeau des recharges de la remorque qui multiplierait ce poids par deux parce que là, j'ai été aidé...)

Donc, après ces 5kms et ces presque deux tonnes soulevées, je ne vois pas ce que j'irai faire dans une salle de muscu (rien de tel que le naturel) .. par contre, si quelqu'un connaît un kiné, je suis preneuse ! Et je me dis que demain, les douleurs vont se réveiller plus violemment que moi...

Courage encore deux jours (avant le week end ! parce que la semaine prochaine, ça continue !)

PS: cherche livreur parce qu'avec tout ça, j'ai plus trop le temps pour le commerce moi !

mardi 1 novembre 2011

De retour !

Ah que le temps est passé vite... et je n'ai pas eu le temps de me poser pour écrire un peu ... Etais je en vacances ? Que nenni ! Première fois depuis 8 ans que je ne connais pas les vacances d'automne... un peu déstabilisant.... surtout que beaucoup de personnes de mon entourage les pratiquent ! Donc ma semaine fut chargée: entre mon travail habituel, les enfants en vacances et la famille et amis vacanciers qui passent nous voir... j'avoue que mes soirées furent aussi remplies que mes journées, mais le calme est revenu. J'avoue que les petits mots réclamant mes textes m'ont fait chaud au coeur et l'effort que me demande l'écriture est bien récompensé. Donc, merci à vous...
Alors résumé de la semaine dernière: assez classique début de semaine: des commandes à préparer, des livraisons à faire, de l'administratif etc...
Les vacanciers présents au vignoble et fervents lecteurs de mon blog m'ont proposé un coup de main... mais pas n'importe lequel : ils voulaient la rencontre avec celle qui fait des siennes, celle qui se rebelle parfois (souvent), celle dont je parle régulièrement et qui du coup, génère de la curiosité: l'étiqueteuse.
Donc, nous nous préparons et pour ne pas décevoir ses fans, mon (ex) amie l'étiqueteuse en a fait des tonnes:
L'étiquette à poser cette fois ci était particulièrement longue, j'ai donc appris qu'il y avait une petite tige en métal, réglable derrière le machin du truc (ah oui, ça déchire pas la bande sur laquelle sont collées les étiquettes quand on la règle au plus bas -effet réalisé après 30 minutes de bataillage intensif). Ok, on est parti: explications données à mes stagiaires bien motivés: alors un se place à l'entrée: sa mission , si il l'accepte est de sortir les bouteilles du pallox, les essuyer et les poser sur le tapis roulant en vérifiant que les capsules se placent bien, ma 2eme stagiaire a un rôle plus minutieux: elle va devoir laisser sa patte sur chaque étiquette, puisqu'il faudra écrire dessus sa contenance (oui, voilà, c'est ça: en tout petit , écrire sur chaque bouteille "750ml" dans le coin de l'étiquette) et ensuite mettre dans les cartons. Et moi vous allez me dire ? que me restait-il à faire ? de la supervision (non, mais ce sont des débutants tout de même face à la professionnelle de l'étiquetage/scotchage que je suis à présent! mais bien sûr que je les ai aidé (tout de même !) et il a bien fallu puisqu'au bout d'une dizaine de bouteilles et bien... on commence à voir les étiquettes se rebiquer... encore une série qui colle mal ! grrrrrrrrrrrrrrr ! Ok, cette fois ci, elles n'auront pas été de trop ces 6 mains pour reprendre chaque bouteille, frotter les étiquettes et enfin les ranger soigneusement dans leur carton... Mais pour ce millésime, c'est fini, toutes les bouteilles de cette cuvée sont étiquetées et rangées, il ne reste plus qu'à les vendre! (un grand merci donc à mes deux premiers stagiaires qui ont été fort efficaces !)
La suite de ma semaine fut marquée par le départ de mon guide jeudi matin pour dix jours de salon. Et me voici un peu seule à bord pour gérer (tous les matins et tous les soirs, je dois aller dans le chai, allumer et éteindre une sonde chauffante afin que la vinification de cette année se passe correctement... et quand je dis tous les matins et tous les soirs, c'est évidemment week end et jours fériés compris!), le chef de culture est là bien sûr mais bien occupé à ses taches.
D'ailleurs jeudi , il a besoin de moi..pour... conduire le tracteur ! Ayez , je me suis lancée ! Un peu la boule au ventre au début et à la fin de la journée, j'étais tres à l'aise (bon, ok, les marche arrière avec une remorque c'est pas encore gagné, mais je progresse !)
J'avais un peu l'impression d'être à un cours de conduite d'auto école, vous savez la séance où on apprend à bien gérer son embrayage "avance, arrête toi, avance, arrête toi, avance, stop, plus vite, moins vite..." et bien voilà, j'ai fait ça toute la journée et j'ai fini avec un bon torticolis à force de me retourner pour voir si les ouvriers qui prenaient les piquets dans la remorque avaient fini. Et finalement, et bien on finit par s'ennuyer un peu dans le tracteur (et j'ai aussi un peu de mal à voir les autres bosser dur quand j'ai l'impression de me la jouer "pépére", mais comme dit mon guide "nous avons besoin d'un chauffeur pour le tracteur, c'est utile, sinon on perd du temps, chacun son rôle !") D'accord...; mais cela ne m'a pas empeché de descendre du tracteur quand j'avais un peu d'avance pour déposer les piquets au sol et ainsi pouvoir faire mon réapprovisionnement en piquets sans eux ! Efficacité de cette journée : 10/10 ! Yes ! Et une bonne fatigue !
Ce week end, un client est passé... petite dégustation et une bonne vente (toute seule, comme une grande, je m'améliore de jour en jour !)
Lundi: mes collègues sympathiquement n'ont pas fait le pont, ce qui m'a permis d'avoir un peu de compagnie: une livraison, la préparation du mailing pour un prochain salon et de la paperasse ont bien occupé ma journée...
Aujourd'hui... ben, je suis allée travailler aussi... oh, ce n'est pas que j'avais beaucoup de choses à faire... mais je m'ennuyais ! (c'est grave docteur ? je deviens accro au boulot ???)
Cela me rassure surtout d'avoir avancée au maximum ma tache administrative car tout le reste de la semaine, je vais conduire le tracteur... il reste encore quelques hectares à palisser... espérons que je tombe sur une émission intéressante à la radio que je puisse me cultiver tout en cultivant !

vendredi 21 octobre 2011

Vendredi ...

Pour la plupart de mes anciens congénères, aujourd'hui est un jour particulier... A 17h, la plupart pouvaient se regarder en souriant, en lachant un soupir et un gros "Bonnes Vacances !", et pour moi, point de répit cette année !
Mais je ne regrette toujours pas mon choix, je n'éprouve pas cette fatigue nerveuse, ce manque total d'énergie qui pointe le bout de son nez aprés plusieurs semaines passées avec des dizaines d'enfants, qui sont eux, en pleine forme, des dizaines d'heures nocturnes à préparer la classe.... non, vraiment.. aucun regret !
De l'énergie, j'en ai plutôt à revendre (ben oui, j'suis une commerciale maintenant !héhé), des idées plein la tête qui viennent avec ce sentiment de liberté d'action que je peux avoir en mon nouveau lieu. Et comme tout ça... c'est bon, c'est motivant, c'est gratifiant ! Ah la joie de voir ses idées se concrétiser, de voir sa tache s'accomplir.. Il me manque de passer plus de temps dans les vignes et dans le chai, que ce doit être bon de goûter son premier vin...
Je pourrais déjà me dire que le prochain millésime aura un peu de moi.

Mais parlons plutôt de ma journée:
Ce matin, j'étais tranquillement installée dans mon bureau cherchant de quoi rendre pédagogique une visite du vignoble: et hop, création d'un jeu de piste à travers le domaine, et hop envie de recevoir des scolaires et me voilà en train de préparer les fiches de préparation pour les enseignants : objectifs en sciences: observer la croissance des végétaux, arts visuels: utiliser les bouchons de liège comme outil (attention, j'ai même prévu des activités différentes suivant les âges !), histoire de l'art "le vin dans l'art, de l'antiquité à nos jours" (là, j'ai encore un peu de boulot parce que c'est tres tres riche ! mais ça fait plaisir de voir que je ne perds pas tous mes réflexes ancestraux !)
.. lorsque mon guide intervient et me dit "On a besoin de toi pour conduire le tracteur" "ok" dis-je, "oups" pensais-je ! mais allez n'ayons pas peur... je suis vite rassurée par le fait que je n'ai pas à passer entre des rangs de vigne, mais à les longer. La petite nouveauté est que j'ai une remorque accrochée à mon tracteur (oui, mon ami le tracteur), remplie de piquets de bois et de deux hommes courageux qui vont s'amuser à jeter ces javelots hors de la remorque.
Dans la réalité, cela ne s'est pas passé comme ça. J'ai bien conduit le tracteur, j'ai même fait des demi tours ! enooooooorme ! et sans que l'angle de la remorque ne touche le tracteur alors que je tourne à 90°... bon, faudra que je prévois un schéma, ce sera plus parlant !
Non, ce qui etait différent, c'est que les hommes sont descendus de la remorque et marchaient à coté du tracteur, prenant les piquets (que dis je... les troncs !) sur les épaules pour les déposer délicatement au bout de rang . Pourquoi faire ? eh bien, afin de préparer le palissage des jeunes plants qui attendent d'être un peu cadrés pour pousser droit ! Ces piquets, placés aux extrémités des rangs vont etre reliés par de gros cables, ou d'autres piquets intercalaires viendront aider et les vignes s'accrocheront dessus... simple non ?

Je ne peux m'attarder plus longtemps à vous conter mes aventures, ce soir, je pars à la rencontre de mes homologues vignerons pour un repas de fin de vendanges...
Pour la peine, je me suis mis mes habits de citadine, j'espère que ça passera dans le décor... (ne vous moquez pas, je ne connais pas encore tous leurs us et coutumes moi !)

mardi 18 octobre 2011

Ah, le travail comme autrefois...

Aujourd'hui, mardi... Ma journée commence par la rédaction du livret d'accueil du gîte: le petit mot de bienvenue des hôtes, le descriptif, le mode d'emploi de certains éléments, les loisirs aux alentours... J'étais inspirée ce matin, alors ça m'a pris 3 heures, mais  j'aime bien le résultat. Et si vous êtes plus curieux que ça et que vous voulez le lire... il suffit de venir ! héhé... Le commerce devient ma seconde nature on dirait !
Cela fait quelques jours que je suis "enfermée" dans le bureau. j'ai envie de changer un peu d'horizon et nous recevons enfin le lot de cartons qui va me permettre de retaquiner un peu l'étiqueteuse.
Mais c'est que la bougresse m'a boudé sévèrement, genre t'es pas venue me voir depuis au moins de deux semaines, alors va falloir m'apprivoiser! Tout, elle m'a tout fait (enfin, j'exagère, ce n'est pas qu'elle, elle s'est trouvé des alliés de taille !) Qui n'a jamais connu de séance d'étiquetage aura du mal à comprendre mon ressenti, mais je vais tout de même essayer de vous décrire tout ça (Oh Marie, comme j'ai pensé à toi et comme tu m'as manqué sur ce coup là!)
Donc 14h08, je me poste face à la bête, me remémorant tout ce qu'il y a à faire:
- préparer les cartons en inscrivant le millésime dessus: ok
- installer le rouleau d'étiquettes dans la machine en passant bien le truc dans le machin et règler la hauteur des étiquettes: ok
- mettre les bonnes capsules au bon endroit, appuyer sur "on" pour le capsulage: ok
- mettre en route le compresseur et vérifier qu'il est bien relié à l'étiqueteuse: ok
- régler la scotcheuse par rapport à la taille de mes cartons (après avoir cherché désespérement la rallonge pendant 23 minutes) :ok
- préparer un tas d'intercalaires qu'il faudra mettre entre deux couches de bouteilles dans les cartons: ok
- commencer à dérouler le film plastique sur la palette pour caler les cartons: ok
- mon guide me descend le pallocks contenant les bouteilles à étiqueter: ok (allez, je suis même optimiste en lui lançant un "il ne reste que celui là ? allez, vas-y, je vais tout le faire" ... 600 bouteilles pour info !)

Bien, tout est prêt, allons y (gaiement)
........
....................................
Sauf que...
Première bouteille: capsulage ok, étiquetage... moyen.... c'est à dire que l'étiquette colle pas ... pourtant c'est censé être autoadhésif ce truc là... Bon, frottons un peu dessus, ça va faire adhérer... et envoyons la suite.. 2, 3, 4, 5, 6 ... Ca va toujours moyen, mais je redonne un coup sur chaque bouteille et ça a l'air de tenir.
Je prépare un carton, le charge de mes bouteilles et ploup, les étiquettes se redécollent .... grrrrr (léger), j'appuie plus fort et lance le carton dans la scotcheuse... il n'en sortira pas .. tous les rouleaux (inférieur et supérieur) se sont emmêlés, je galère à sortir le carton en dévissant tous mes réglages et finis par couper le scotch au couteau.. et mon carton est foutu.
Je retente une deuxieme fois , parce que je suis un peu têtue quand même et... c'est pire... grrrrrrr (moins léger)
Ok, je débranche tout... sors une bonne vieille scotcheuse manuelle et me voilà partie dans le montage de mes cartons à la main, un par un...
Je relance un lot de bouteilles, capsulage tout bon et là, les étiquettes s'emballent (forcement vu qu'elles n'adhérent pas à la bouteille, elles partent dans tous les sens et le peu de colle qui reste fait qu'elles vont se loger dans des endroits improbables...) résultat: plusieurs étiquettes gachées, beaucoup de gros mots en plusieurs langues et envie de pleurer de rage.
Respire, respire... je récupère quelques étiquettes, attrape mes bouteilles capsulées et colle les étiquettes une par une en frottant bien fort sur chacune d'elles, je les loge dans leur carton que je referme à la main et que je scotche. Et hop 3 cartons sur ma palette et il est ... 15h07 ... re-gros mots... et puis je me force à relativiser: de toutes façons , il faut que je le fasse, alors soit je le fais en ralant, soit je me calme. J'ai choisi la deuxieme option et je me suis convaincue de "oui, ça pourrait être beaucoup plus rapide, toutefois, tu vois, comme ça, comment ils travaillaient avant l'invention de l'étiqueteuse. "
Zen donc... l'étiqueteuse voyant là que son stratagème de bouderie en règle n'a pas fonctionné sur ma personne décide d'en rajouter une couche et n'envoie plus les capsules sur mes bouteilles. AH mais c'est qu'elle a rencontré plus têtue qu'elle (la garce !), et je décide donc de placer moi même avec mes petites mains (tiens, c'est drôle ça, j'aurais aimé en avoir 5 de plus aujourd'hui, ça m'aurait bien arrangé..) les fameuses capsules sur les bouteilles.
2 heures plus tard,
Sophie: 168 bouteilles étiquetées
L'étiqueteuse: 4

Je ne sais pas pourquoi, mais cette victoire me reste quand même un peu en travers de la gorge...